Vues par Jo Douillard

Elément qui a structuré le paysage de mon enfance,

Elément partimonial fort,

La région a longtemps été identifiée par cette structure particulière de haies serrées. On parlait du BOCAGE DE L'OUEST. Sa disparition s'accompagne, pour ceux qui l'ont connue, d'une perte d'identité.

Dans les haies de mon enfance, on jouait à cache-cache ; on faisait des cabanes dans les arbres ; on récoltait des baies : mures, prunelles, alizes, cormes, nèfles, petites pommes et poires âcres ou acides, merises quand les oiseaux nous en laissaient. La haie empêchait le troupeau d'aller piller le champ de chaux du voisin.

A 300 mètres de chez soi, on était au bout du monde.

CONCRETEMENT AUJOURD'HUI...

La haie constitue un réseau de mailles par lesquelles circulent les plantes, les graines, les animaux les plus variés.

Corridor écologique, elle joue un rôle essentiel dans le cheminement des eaux, le ralentissement de leur circulation, la facilitation de leur infiltration en profondeur.

La haie stocke de grandes quantités d'eau de pluie qu'elle restitue à la saison sèche. Elle consitue une rupture de pente, protège les berges des ruisseaux. 

Milieux très riches, les haies de France renferment beaucoup d'espèces végétales et animales : 

Ornithologie : les oiseaux ont besoin de : 

  • se nourir 
  • nicher
  • se protéger

 => tout ce qu'ils trouvent dans une haie

Dans un bocage fermé, avec des baies serrées, on trouve 1500 couples de passeraux pour 100 hectares.

Dans un bocage clairsemé, on trouve 118 couples de passeraux pour 100 hectares.

Dans un bocage nu, on trouve 60 couples de passeraux pour 100 hectares.

 

La richesse d'une haie est d'autant plus importante qu'elle est constituée d'essences très variées, avec une production de fruits échelonnée sur de longs mois. Merises du mois de juillets. Pommes précoces de fin août. Abondance de l'automne avec les noisettes, mûres, alises, senelles de l'Aubépine, prunelles, nèfles, baies du sureau, du cornouiller sanguin. Les baies les plus dures, les moins attractives, vont subsister dans les arbustes ou tomber sur le sol pendant de longues semaines. Elles trouveront prenneur lors des périodes de froid intense où l'accès aux sources de nourriture est difficile. Elles seront utiles à la fin de l'hiver lorsque la nourriture se fait de plus en plus rare.

Les oiseaux bénéficiaires de la haie nous sont familiers : Rouge-gorge. Mésange charbonnière. Mésange bleue; Merle noir. Grive musicienne. Grive mauvis. Grive draine. Grive litorne. Fauvette à tête noire.

Accenteur mouchet, qui va se nourrir au sol dans les haies.

Troglodyte mignon, qui va, sans relâche, prospecter son territoire à la recherche d'insectes.

Notons les intéractions entre les animaux et les plantes.

Le Geais fait provision de glands qu'il cache, qu'il oublie, et contribue ainsi à la propagation des chênes.

Idem pour les frugivores propageant l'aubépine, pour l'écureuil roux semant les noisettes.

 

Les pratiques liées à l'entretien des haies ont maintenu pendant des siècles des populations d'insectes, de plantes, d'oiseaux, à un niveau élevé. La disparition des haies, des arbres têtards, menace directement certaines espèces emblématiques comme la Chevêche d'Athéna. Dans le département de la Sarthe, une association remet à l'honneur "les Trognes" favorisant ainsi le retour d'oiseaux cavernicoles, d'insectes, de chauves-souris. 

La HAIE est donc un élément essentiel de la biodiversité dans notre région. Mais au-delà, elle a une valeur économique indéniable : protection des sols, refuge d'oiseaux destructeurs d'insectes et propagateurs de plantes, barrières brisant la force du vent, production de bois de chauffage : 1 km de haies => 30 tonnes de bois à l'année

POUR TOUTES CES RAISONS :

  • PROTEGEONS
  • RESTAURONS       LES HAIES
  • REPLANTONS

 

Les haies enfin protégées : 

Leur déplacement, destruction ou remplacement sont désormais strictement encadrés. + d'infos